Le Criminel aux abois est un film noir britannique réalisé par Seth Holt, avec une participation de Basil Dearden. C’est un polar tendu et stylé, fidèle à l’ambiance sombre et nerveuse du genre. On y retrouve George Nader dans le rôle principal, un acteur charismatique qui campe un personnage à la fois mystérieux et déterminé. Le film se déroule dans un Londres brumeux et inquiétant, parfait pour nourrir l’atmosphère pesante et les retournements de situation. C’est une œuvre marquée par la tension, la méfiance, et le goût amer des trahisons.
L’histoire démarre sur les chapeaux de roue avec l’évasion de Paul Gregory, un escroc canadien qui prend tous les risques pour retrouver un butin volé à une riche collectionneuse de pièces rares. Aidé par un complice, il se lance dans une course contre la montre à travers la ville, mais personne n’est vraiment digne de confiance dans cet univers où chacun cherche à tirer son épingle du jeu. Entre poursuites, manipulations et faux-semblants, le suspense ne lâche jamais, et on est vite absorbé par l’urgence de cette cavale à hauts enjeux.
Le Criminel aux abois est une perle pour ceux qui aiment les thrillers tendus et les intrigues à tiroirs. L’ambiance est soignée, les personnages sont troubles et imprévisibles, et le tout est porté par une mise en scène efficace qui ne relâche jamais la pression. C’est le genre de film qui garde son charme et sa force, même des années après sa sortie.
| Acteurs | |
| Paul Gregory | George Nader |
| Bridget Howard | Maggie Smith |
| Victor Sloane, alias Lee Henderson | Bernard Lee |
| Inspector Scott | Geoffrey Keen |
| Harriet P. Jefferson | Bessie Love |
| Sullivan | Harry H. Corbett |
| Rosa, cocktail waitress | Andrée Melly |
| Pet Shop Owner (Non crédité) | Lionel Jeffries |
| Agnes | Barbara Hicks |
| George Hilsdon | |
| Box office clerk | Glyn Houston |
| Uncle Tom Howard | Noel Howlett |
| Mr. Hobbs, vault official | Oliver Johnston |
| Anna Berg | Lily Kann |
| George Bendel | Harry Locke |
| Mac Cameron, club owner | Howard Marion-Crawford |
| Welsh garage attendant | Lane Meddick |
| Charles Price | |
| Mary | Maggie Rennie |
| Guy Standeven | |
| Second Mr. Dodds | John Welsh |
| First Mr. Dodds | Arthur Howard |
| Réalisation | |
| Réalisateur | Seth Holt |
| Montage | |
| Monteur | Harry Aldous |
| Production | |
| Producteur | Michael Balcon |
| Ecriture | |
| Roman | Donald MacKenzie |
| Écrivain | Kenneth Tynan |
| Seth Holt | |
| Son | |
| Musique | Dizzy Reece |
| Caméra | |
| Directeur de la Photographie | Paul Beeson |
| Opérateur Caméra | Chic Waterson |
| Art | |
| Design de Production | Peter Proud |
| Direction Artistique | Alan Withy |
Seth Holt, longtemps monteur chez Ealing Studios, a fait ses débuts de réalisateur avec Nowhere to Go (1958). Il a été choisi pour diriger le film après que Harry Watt a été affecté à la réalisation de The Siege of Pinchgut (1959), qui fut, quant à lui, le dernier long-métrage produit par Ealing. Cette transition marque la fin d'une ère pour les studios et le début d’une nouvelle orientation stylistique.
Le scénario du film Nowhere to Go a été coécrit par Seth Holt et Kenneth Tynan, critique de théâtre renommé engagé temporairement chez Ealing Studios. Holt s’est concentré sur les séquences d’action tendues tandis que Tynan a peaufiné les dialogues, conférant aux échanges une rare intensité dramatique. Il s’agit de l’unique scénario de Tynan à avoir été porté à l’écran, témoignant de cette collaboration aussi brève que marquante.
La scène d’évasion au début de Nowhere to Go fut tournée près de l’ancienne gare de Kew Bridge à Brentford. Elle se distingue par son ambiance film noir : la brume naturelle et l’absence de dialogues renforcent l’atmosphère oppressante et amplifient la tension. Cette introduction silencieuse et visuellement saisissante annonce le ton stylisé et sombre du film.
Paul Beeson, directeur de la photographie, a conçu deux appartements sur mesure pour les scènes clés entre les personnages, permettant une mise en scène resserrée des moments intimes. L’utilisation du focus profond, de stores vénitiens projetant des jeux d’ombres, ainsi que d'angles de caméra dynamiques accompagne la fuite nocturne du protagoniste, traduisant visuellement son isolement croissant.
Michael Balcon, producteur phare des Ealing Studios, a soutenu le style visuel novateur de Seth Holt dans Nowhere to Go. Toutefois, sous pression de MGM, il a accepté que le film soit amputé de 15 minutes avant sa sortie. Cette décision éditoriale a, selon Holt, altéré l’impact global de son œuvre, soulignant les tensions entre liberté artistique et exigences commerciales.