Torso est un film réalisé par Sergio Martino, une figure incontournable du cinéma de genre italien. C’est un vrai classique du giallo, ce style mêlant horreur, érotisme et mystère qui a marqué les années 70. Avec des acteurs comme Suzy Kendall, Tina Aumont et Luc Merenda, le film joue à fond la carte du suspense et du style visuel, tout en plongeant dans une ambiance inquiétante et sensuelle à la fois.
L’histoire suit un groupe d’étudiantes de l’université de Perugia, secouée par une série de meurtres brutaux. Un tueur masqué sévit dans les rues, utilisant un étrange foulard rouge et noir pour étrangler ses victimes avant de les démembrer. Pour échapper à la peur qui les entoure, quelques jeunes femmes partent se réfugier dans une villa isolée à la campagne. Mais leur tentative d’évasion tourne court, car le danger les suit jusque dans ce lieu reculé…
Visuellement stylisé, tendu du début à la fin, avec des touches de voyeurisme et de slasher sanglant, Torso plaira à ceux qui aiment frissonner tout en se laissant emporter par une atmosphère fascinante. Un film idéal pour découvrir les origines du thriller moderne et pour se plonger dans le meilleur du cinéma d’horreur italien.
| Acteurs | |
| Jane | Suzy Kendall |
| Daniela Anselmi | Tina Aumont |
| Roberto | Luc Merenda |
| Prof. Franz | John Richardson |
| Stefano Vanzi | Roberto Bisacco |
| Gianni Tomasso, the Scarf Vendor | Ernesto Colli |
| Katia | Angela Covello |
| Ursula | Carla Brait |
| Carol Peterson | Conchita Airoldi |
| Florence Heineken | Patrizia Adiutori |
| Motorcycle Guy #1 | Luciano Bartoli |
| Motorcycle Guy #2 | Gianni Greco |
| Inspector Martino | Luciano De Ambrosis |
| Village Idiot | Enrico DiMarco |
| Slim Boy in Village | Giorgio Dolfin |
| Uncle Nino | Carlo Alighiero |
| Delivery Man | Vincenzo Crocitti |
| Truck Driver | Luca Bonicalzi |
| John, Flo's Boyfriend | Fausto Di Bella |
| Car Repairman | Giuseppe Terranova |
| Prostitute | Rosaria della Femmina |
| Woman in Car with Roberto | Ermelinda De Felice |
| Woman with Green Dress at University Exit (Non créditée) | Dolores Calò |
| Gianni Tomasso (child) (Non crédité) | Renato Cestiè |
| Stefano's Landlady (Non créditée) | Vera Drudi |
| Policeman at Crime Scene (Non crédité) | Giuseppe Marrocco |
| Hippie Dancer (Non créditée) | Barbara Marzano |
| Policeman at Crime Scene (Non crédité) | Osvaldo Natale |
| Witness at Crime Scene (Non crédité) | Alberto Sorrentino |
| Réalisation | |
| Réalisateur | Sergio Martino |
| Superviseur de Scénario | Anita Borgiotti |
| Premier Assistant Réalisateur | Michele Massimo Tarantini |
| Montage | |
| Monteur | Eugenio Alabiso |
| Assistant Monteur | Amedeo Moriani |
| Production | |
| Producteur Exécutif | Tonino Cervi |
| Producteur | Carlo Ponti |
| Responsable de Production | Dino Di Salvo |
| Secrétaire de Production | Giuseppe Bruno Bossio |
| Responsable d'Unité | Andrea Petricca |
| Ecriture | |
| Histoire | Sergio Martino |
| Scénario | Ernesto Gastaldi |
| Sergio Martino | |
| Son | |
| Compositeur de la Musique Originale | Guido De Angelis |
| Maurizio De Angelis | |
| Artiste Foley | Luciano Anzellotti |
| Mixeur Sonore | Romano Pampaloni |
| Son | Alberto Moretti |
| Costume et Maquillage | |
| Conception de Costumes | Silvio Laurenzi |
| Vera Marzot | |
| Maquilleur | Mario Van Riel |
| Coiffeur | Marisa Fraticelli |
| Caméra | |
| Directeur de la Photographie | Giancarlo Ferrando |
| Photographe de Plateau | Paolo Pettini |
| Opérateur Caméra | Adolfo Troiani |
| Assistant Caméra | Bruno Pellegrini |
| Art | |
| Design de Production | Giantito Burchiellaro |
Le tournage de Torso s’est déroulé principalement à Pérouse ainsi que dans une villa isolée de Tagliacozzo. Ce cadre provincial et reculé servait à accentuer l'atmosphère de claustration si chère au giallo. Les séquences mettant en scène les actrices partiellement dénudées y étaient particulièrement prolongées, soulignant l’aspect voyeuriste du film. Afin de maximiser ces moments d’exposition, le scénario retarde volontairement les interventions du tueur, qui n’attaque qu’assez tard pour maintenir la tension tout en justifiant ces séquences d'apparence gratuite.
Le réalisateur Sergio Martino a inséré dès les premiers instants de Torso des scènes de nudité largement prolongées, flirtant avec l’esthétique softcore. Il a reconnu, dans des interviews ultérieures, une certaine exagération dans la représentation du corps féminin. Cette approche donne au film une tonalité hybride entre slasher psychologique et érotisme graphique, ce qui se manifeste dans les longues scènes de meurtre où la caméra s'attarde sur les actrices, amplifiant la charge sensuelle du danger.
Comme souvent dans le cinéma italien des années 70, les acteurs de Torso ont tourné dans leurs langues respectives, alternant entre italien et anglais. Toutefois, cette méthode a conduit à une postproduction entièrement doublée, déconnectant les dialogues finaux de la réalité vocale des acteurs. Ce procédé, standard dans l’industrie italienne de l’époque, contribue à cette dissonance sonore caractéristique de nombreux gialli.
Limitée par un budget restreint, la production de Torso a employé des astuces pratiques pour la mise en scène des effets gore. Ainsi, lors de la séquence finale haletante où Jane observe le tueur depuis l'escalier, les scènes de démembrement sont suggérées hors champ par des bruits de scie manuelle. Ce choix renforce la tension psychologique en jouant davantage sur l’imaginaire du spectateur que sur une violence frontale.
Une séquence d'ouverture marquante montre un enfant en train d'enfoncer les yeux d'une poupée de chiffon, introduisant d’emblée une charge symbolique. Cette image représente le traumatisme à l’origine de la psyché du tueur, profondément marqué par la mort de son frère liée à cette poupée. Son apparition cyclique tout au long du film fonctionne comme un leitmotiv visuel, renforçant l'association entre souvenirs d’enfance, obsession pathologique et déclenchement des meurtres.