La Tarentule au ventre noir est un thriller italien à l’ambiance noire et troublante, typique du style giallo, un genre qui mélange mystères, crimes brutaux et esthétisme soigné. Réalisé par Paolo Cavara, ce film vous plonge dans un Rome à la fois élégant et inquiétant. On y retrouve en tête d'affiche un remarquable Giancarlo Giannini dans le rôle du commissaire Tellini, un flic sensible et tourmenté, embarqué dans une enquête bien plus complexe qu’elle n’en a l’air.
L’histoire tourne autour d’une série de meurtres aussi étranges qu’effrayants : des femmes issues de la bourgeoisie romaine sont retrouvées assassinées dans des conditions particulièrement tordues. Toutes sont paralysées avant d’être tuées, comme des proies piégées par une araignée. Le tueur semble suivre une logique perverse et méticuleuse, faisant référence à la nature cruelle des insectes. Tellini, dépassé par la violence des crimes et confronté à un monde où le chantage sexuel, les photos compromettantes et le refoulement des désirs rodent dans l'ombre, va devoir affronter des vérités aussi dérangeantes que celles qu’il découvre dans les ruelles obscures de Rome des années 70.
Servi par une ambiance unique renforcée par la musique envoûtante d’Ennio Morricone, La Tarentule au ventre noir est un parfait mélange de suspense, de style et de malaise. Si vous aimez les intrigues tordues, les atmosphères tendues et les films qui sortent des sentiers battus, ce petit bijou du giallo va sûrement vous fasciner.
| Acteurs | |
| Inspector Tellini | Giancarlo Giannini |
| Laura | Claudine Auger |
| Maria Zani | Barbara Bouchet |
| Franca Valentino | Rossella Falk |
| Paolo Zani | Silvano Tranquilli |
| Mirta Ricci | Annabella Incontrera |
| Masseur | Ezio Marano |
| Jenny | Barbara Bach |
| Anna Tellini | Stefania Sandrelli |
| Mario | Giancarlo Prete |
| Maria's friend | Anna Saia |
| Inspector Di Giacomo | Nino Vingelli |
| Entomologist | Daniele Dublino |
| Psychiatrist | Giuseppe Fortis |
| Informer | Guerrino Crivello |
| Surgeon | Fulvio Mingozzi |
| Policeman | Giorgio Dolfin |
| Client at beauty parlor | Carla Mancini |
| Policeman in projection room | Alfonso Giganti |
| Maid in beauty parlor | Eleonora Giorgi |
| La catapulta | Ettore Mattia |
| Ginetto, the waiter (as Walter Eugene) | Eugene Walter |
| Mrs. Fluzzi (Non créditée) | Giuliana Farnese |
| Réalisation | |
| Réalisateur | Paolo Cavara |
| Montage | |
| Monteur | Mario Morra |
| Production | |
| Producteur | Marcello Danon |
| Ecriture | |
| Histoire | Marcello Danon |
| Scénario | Lucile Laks |
| Son | |
| Compositeur de la Musique Originale | Ennio Morricone |
| Costume et Maquillage | |
| Conception de Costumes | Fiorella Gaetano |
| Caméra | |
| Directeur de la Photographie | Marcello Gatti |
| Art | |
| Direction Artistique | Piero Poletto |
| Décoration de Plateau | Luigi Urbani |
Paolo Cavara, co-réalisateur du documentaire choc Mondo cane, insère dans La Tarentule au ventre noir un interlude à caractère documentaire pour illustrer l’affrontement entre une guêpe et une tarentule. Cette séquence visuellement saisissante renforce la métaphore prédatrice au cœur des meurtres du giallo, soulignant la cruauté froide et inéluctable de l’agresseur.
Le montage final de La Tarentule au ventre noir subit de lourds problèmes de post-synchronisation, les dialogues ayant été largement réécrits après le tournage. Ce décalage nuit parfois à la fluidité des performances des acteurs et trahit les limites de production souvent rencontrées dans le cinéma de genre italien des années 1970.
Dans une scène de meurtre marquante, la caméra s’affole subitement, tourbillonnant au milieu de mannequins en plastique pour représenter la terreur subjective de la victime. Ce choix visuel audacieux, bien que stylisé, frôle parfois l’onirisme excessif typique du giallo, flirtant avec l’effet kitsch sans toujours l’éviter.
Connue pour ses rôles dans les comédies sexy italiennes aux côtés d’Edwige Fenech, Barbara Bouchet amorce à cette époque une reconversion inspirée de Jane Fonda, en se lançant dans la promotion d'activités physiques. Ce virage coïncide étrangement avec son rôle de nymphomane dans La Tarentule au ventre noir, ajoutant une couche ironique à son interprétation sulfureuse.
Décrit comme un "petit tâcheron du cinéma italien", Paolo Cavara affiche une mise en scène parfois hésitante dans La Tarentule au ventre noir. Il semble chercher ses cadrages en temps réel, donnant lieu à une caméra hésitante au mouvement parfois maladroit. Ce flottement visuel reflète une tension constante entre ambition esthétique et moyens techniques limités.