Le Deuxième Souffle est un polar français réalisé par le maître du genre, Jean-Pierre Melville. Ce film noir envoûtant, tourné en noir et blanc, mêle tension, élégance et fatalité, avec une précision quasi chirurgicale. On y retrouve un casting impeccable emmené par Lino Ventura, dans l’un de ses rôles les plus marquants, aux côtés de Christine Fabréga et Paul Meurisse. L’univers de Melville plonge ici dans les arcanes du grand banditisme, où l’honneur, la loyauté et la trahison dictent les choix des hommes.
L’histoire suit Gu, un gangster chevronné qui parvient à s’évader de prison. Mais avant de pouvoir tourner la page et s’échapper à l’étranger avec Manouche, la femme qu’il aime, il se laisse tenter par un dernier hold-up risqué, sur fond de traque policière menée par le redoutable commissaire Blot. Dans ce monde dur et codifié, où chaque geste compte, les enjeux sont aussi moraux qu’existenciels. On ressent tout le poids du code du milieu, les fêlures des personnages et cette atmosphère mélancolique propre au polar français.
Si vous aimez les histoires de gangsters empreintes de solitude, d’honneur et de tension dramatique, avec une mise en scène d’une grande intensité, Le Deuxième Souffle est un incontournable. Un film puissant, à la fois froid et profondément humain.
| Acteurs | |
| Gustave 'Gu' Minda | Lino Ventura |
| Commissioner Blot | Paul Meurisse |
| Simone, aka 'Manouche' | Christine Fabréga |
| Alban, Manouche's bodyguard | Michel Constantin |
| Paul Ricci | Raymond Pellegrin |
| Jo Ricci, Paul's brother | Marcel Bozzuffi |
| Orloff | Pierre Zimmer |
| Antoine Ripa | Denis Manuel |
| Pascal | Pierre Grasset |
| Inspector Fardiano | Paul Frankeur |
| Man | Jean Négroni |
| Henri Tourneur | Jacques Léonard |
| Jacques Ribaldi, aka 'Le notaire' | Raymond Loyer |
| Louis Bartel | Sylvain Lévignac |
| Théo | Louis Bugette |
| Marcel 'le Stéphanois' | Albert Michel |
| Inspector Godefroy | Jean-Claude Bercq |
| Jeannot Franchi | Albert Dagnant |
| The inspector who arrives first in the bar | Pierre Gualdi |
| Inspector at the hospital | Marcel Bernier |
| Réalisation | |
| Réalisateur | Jean-Pierre Melville |
| Assistant Réalisateur | Georges Pellegrin |
| Jean-François Adam | |
| Superviseur de Scénario | Suzanne Durrenberger |
| Second Assistant Réalisateur | Ole Michelsen |
| Montage | |
| Monteur | Monique Bonnot |
| Michèle Boëhm | |
| Assistant Monteur | Catherine Moulin |
| Ziva Postec | |
| Production | |
| Producteur | André Labay |
| Charles Lumbroso | |
| Ecriture | |
| Écrivain | Jean-Pierre Melville |
| José Giovanni | |
| Son | |
| Compositeur de la Musique Originale | Bernard Gérard |
| Directeur du Son | Alex Pront |
| Costume et Maquillage | |
| Conception de Costumes | Michel Tellin |
| Equipe | |
| Responsable des Opérations | Marcel Correnson |
| Robert Porte | |
| Caméra | |
| Directeur de la Photographie | Marcel Combes |
| Assistant Caméra | Jacques Nibert |
| Jean-Claude Boussard | |
| Art | |
| Design de Production | Jean-Jacques Fabre |
| Décors | Guy Maugin |
| Décorateur | Jean-Jacques Fabre |
| Set Propsman | Jean Dardeau |
Initialement pressenti pour incarner Orloff dans Le Deuxième Souffle, Mel Ferrer n’a tourné que la première scène avant d’être évincé. Jean-Pierre Melville, estimant son jeu insuffisant pour le ton noir et rigoureux du polar, a discrètement organisé son renvoi. C’est Pierre Zimmer qui reprendra finalement le rôle, apportant la gravité attendue dans cet univers de truands et de codes d’honneur.
Dès 1964, Le Deuxième Souffle était en préparation avec Serge Reggiani (Gu), Simone Signoret (Manouche), accompagnés de Roger Hanin ou Georges Marchal. Ce casting quatre étoiles n’a pourtant jamais vu le jour : le producteur Charles Lumbroso n’a ni financé correctement l’équipe technique ni respecté les délais pour acquérir les droits du roman d'origine, provoquant l’abandon du projet. Dans une colère noire, Melville serait allé jusqu’à assommer Lumbroso, révélant une facette aussi tranchante que ses mises en scène.
La tension palpable dans la scène finale de Le Deuxième Souffle, où Gu monte dans un train, ne relevait pas que de la fiction. Melville, en quête de réalisme, avait sans prévenir demandé au mécanicien d'accélérer progressivement le train pour renforcer l'urgence dramatique. Lino Ventura, qui incarnait Gu avec froideur et dignité, s’est senti trahi par cette manœuvre. Une brouille durable s’installa entre l’acteur et le cinéaste, illustrant la rigueur sans compromis du réalisateur.
Le spectaculaire braquage du fourgon dans Le Deuxième Souffle a été tourné sur la route des Crêtes (D141), perchée entre La Ciotat et Cassis. Le site naturel des falaises Soubeyranes et le parking du Belvédère ont offert un décor dramatique idéal pour cette scène centrale du film, combinant silence, précision du geste criminel et beauté brute de la nature — marques de fabrique de Melville.
Dans le bureau du personnage Paul Ricci (interprété par Raymond Pellegrin), Jean-Pierre Melville a placé des gravures de Napoléon en guise d’hommage subtil. Dix ans plus tôt, Pellegrin avait incarné l’Empereur dans le film de Sacha Guitry, rôle qu’il avait décroché notamment grâce à des clichés réalisés par Melville pour un projet finalement abandonné. Ce geste énigmatique s’inscrit dans l’atmosphère feutrée et codée du film, où chaque détail scénographique renforce la grandeur tragique des personnages.