Le Roi des Champs-Élysées est une comédie française pleine de charme et de situations cocasses, tournée à une époque où le cinéma muet laissait peu à peu place au parlant. Ce film est particulièrement unique car il met en scène le mythique Buster Keaton dans un double rôle totalement inattendu. Connu pour son flegme légendaire et ses incroyables talents de mime, Keaton s’essaie ici à un film tourné en France, offrant une belle rencontre entre le style burlesque américain et l’élégance parisienne. Le réalisateur fait le pari audacieux d’emmener cette icône du cinéma dans un monde de quiproquos, de gags physiques et de romance maladroite sur fond de Champs-Élysées.
Dans cette aventure, on suit un homme timide et attachant, distributeur de prospectus et qui rêve de percer dans le monde du spectacle. Sa vie bascule le jour où il est confondu avec un dangereux gangster évadé… qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau. Ce malentendu déclenche une série d’aventures aussi drôles que risquées, entre poursuites, plans foireux et rencontres inattendues. Le tout se passe dans un Paris de carte postale, avec une atmosphère joyeuse et des dialogues pleins de légèreté. Ce film joue à fond sur l’erreur d’identité et les situations absurdes, tout en laissant une jolie place à une romance timide qui fait sourire. C’est un vrai moment de comédie, parfait pour redécouvrir Buster Keaton dans un registre original et plein de charme.
| Acteurs | |
| Buster Garner / Jim le Balafré | Buster Keaton |
| Germaine | Paulette Dubost |
| Madame Garnier | Madeleine Guitty |
| Lucien Callamand | |
| Gangster | Jacques Dumesnil |
| Gangster | Pierre Piérade |
| Gaston Dupray | |
| Raymond Blot | |
| Simone | Colette Darfeuil |
| Paul Clerget | |
| Franck Maurice | |
| Jim Gérald | |
| Henry Prestat | |
| Réalisation | |
| Réalisateur | Max Nosseck |
| Assistant Réalisateur | René Montis |
| Montage | |
| Monteur | Jean Delannoy |
| Production | |
| Producteur | Seymour Nebenzal |
| Superviseur de Production | Robert Siodmak |
| Ecriture | |
| Écrivain | Arnold Lipp |
| Dialogue | Yves Mirande |
| Son | |
| Musique | Joe Hajos |
| Equipe | |
| Chorégraphe | Floyd du Pont |
| Caméra | |
| Opérateur Caméra | Robert Lefebvre |
| Art | |
| Direction Artistique | Hugues Laurent |
| Jacques-Laurent Atthalin | |
Le Roi des Champs-Élysées fut produit par la société Néro Films, une structure indépendante éphémère qui ne survécut que quelques années après le tournage. Réalisé avec un budget modeste, le film présente des choix techniques audacieux, notamment par ses placements de caméra inhabituels et un montage singulier, caractéristiques du cinéma français indépendant des années 1930.
Bien que la majorité de ses répliques aient été doublées en français, la voix authentique de Buster Keaton se fait entendre à deux occasions dans Le Roi des Champs-Élysées : lorsqu’il lance « Go get me a drink » à Simone et lorsqu’il hurle « Ouvrir la porte ! » à un gangster, offrant aux spectateurs un bref aperçu de sa performance en version originale.
Tourné intégralement à Paris, Le Roi des Champs-Élysées s’est appuyé sur la supervision de Robert Siodmak. Le montage a été confié à Jean Delannoy, tandis que Robert Lefebvre assurait la photographie. Le film fut capté en noir et blanc, au format 1,37:1 avec un son mono sur pellicule 35 mm, renforçant son esthétique typique du cinéma français des années 1930.
Dans une performance remarquable, Buster Keaton interprète à la fois un timide aspirant acteur et un gangster américain. Ce double rôle confère au film une dynamique comique et dramatique unique. Il s’agit d’ailleurs de son seul long métrage jamais tourné en France, ajoutant une valeur historique à sa filmographie.
Bien que sorti en France en 1935, Le Roi des Champs-Élysées ne connut jamais de sortie en salles aux États-Unis. Il fallut attendre 2005 pour qu’il y soit projeté pour la première fois, à Los Angeles. Avant cela, il avait circulé à l’étranger, notamment en Suède, Norvège, Danemark, Italie, Espagne, Portugal et Japon, contribuant à sa réputation de curiosité internationale méconnue.